Migration : L’Afrique du Sud et Nous

Migration : L’Afrique du Sud et Nous

Ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud à l’encontre des migrants africains est contraire à l’esprit de la Convention de Genève ainsi qu’à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, que l’Afrique du Sud a ratifiées.
Ce pays a bénéficié, aux heures les plus sombres du régime raciste de Pretoria, du soutien et de la solidarité de presque toute l’Afrique. Les peuples africains et leurs diasporas ont porté haut le combat contre l’apartheid, convaincus que la liberté, la justice et la dignité humaine devaient triompher de l’oppression.
En tant que militant anti-apartheid, de Paris à Londres, j’ai participé à plusieurs manifestations contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Avec d’autres membres des diasporas africaines, nous avons réservé un accueil fraternel et chaleureux à Nelson Mandela lors de sa visite à Paris, sur le parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, près de la Tour Eiffel. J’ai également été parmi les militants anti-apartheid rassemblés à Trafalgar Square, à Londres, devant l’ambassade d’Afrique du Sud en 1990 (voir Jeune Afrique, n° 1540 du 19 mars 1990).
C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui profondément indignés par les violences, les actes de xénophobie et les traitements inhumains dont sont victimes des migrants africains en Afrique du Sud. Cette situation est une trahison de l’idéal de solidarité africaine qui a permis au peuple sud-africain de vaincre l’apartheid.
L’Afrique du Sud démocratique ne peut tourner le dos aux valeurs qui ont fondé sa renaissance. Elle a le devoir de protéger toutes les personnes vivant sur son territoire, sans distinction d’origine ou de nationalité, et de garantir le respect de leurs droits fondamentaux.
Nous appelons les autorités sud-africaines à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violences, poursuivre leurs auteurs et assurer la protection de tous les migrants africains. Nous appelons également l’Union africaine à assumer pleinement sa responsabilité afin que les principes de solidarité, de fraternité et de respect de la dignité humaine ne restent pas de simples déclarations.
L’histoire nous enseigne que l’Afrique est plus forte lorsqu’elle est unie. Ceux qui, hier, ont reçu la solidarité de tout un continent ne doivent jamais oublier cette dette morale envers leurs frères et sœurs africains.
Par Baidy Dramé, militant anti-apartheid
vice-président de la Nouvelle Afrique (NAF)
Président du CSDM.
baidy.drame@csdmf.org
Twitter : Csdm-officiel

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